Edition : Robert
Laffont
Grand format
Parution : 14/11/2013
401 pages
Résumé : « Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d'emblée plus
attirante. »
Lorsque Maude Pichon
s'enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut
pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de
l'exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s'y
évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément
à la recherche d'un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle
: « On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile. » L'Agence
Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le
repoussoir. Son slogan ? « Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d'emblée
plus attirante. » Étranglée par la misère, Maude postule... Monsieur Durandeau
a déjà amassé une petite fortune grâce à sa riche clientèle, et quand la Comtesse Dubern
vient chercher une compagne pour Isabelle, sa fille aux idées bien arrêtées,
Maude est immédiatement choisie comme faire-valoir idéal. Mais Isabelle ne sait
pas que sa nouvelle « amie » n'est en fait que de location, et l'existence de
Maude au sein de l'aristocratie repose entièrement sur sa capacité à garder ce
lourd secret. Pourtant, plus elle en apprend sur Isabelle, et plus sa loyauté
envers la Comtesse
est mise à l'épreuve. Et plus la tromperie dure dans le temps, plus Maude aura
à perdre...
Mon avis : Un roman sympa, bien écrit
et original.
Au début de la lecture j’ai
eu un peu de mal à comprendre l’histoire et le concept des repoussoirs qui sont
assez complexes. Mais ensuite, l’auteure parvient à nous familiariser avec tout
cela grâce à une plume simple et efficace.
Nous suivons Maude qui, pour
payer son loyer et de quoi se nourrir, va devenir un « repoussoir »,
une personne louée pour sa laideur et qui met en valeur la personne se tenant à
ses côtés.
Cette pratique est
dégradante pour ces jeunes femmes sans cesse qualifiées par leurs défauts. Le
comportement des personnes du grand Paris est très critiquable, elles ont peu
de sens moral puisque, pour elles, les repoussoirs ne sont qu’un simple objet
venant embellir leur beauté.
Maude va être confrontée à
travers ce travail à la vie parisienne des riches personnes. Cette proximité
avec le luxe l’enivre au point d’espérer d’appartenir à cette classe sociale.
Mais, aussitôt le loueur mécontent de sa prestation, il n’hésitera pas à
précipiter sa chute. Les riches sont ici vraiment montrés pour leur attitude
détestable, seule compte pour eux la recherche du meilleur parti pour se
marier, celui avec le plus grand titre de noblesse.
M. Durandeau, l’homme qui
détient l’entreprise de repoussoirs, est également détestable. Il s’enrichit
sur le dos des jeunes femmes, profitant de leur situation miséreuse, et sans
gentillesse ni sympathie pour ses employés.
A travers ce roman,
l’auteure nous montre que la beauté est un critère subjectif. Paul aime l’art
sous ses formes particulières, loin des canons de la mode. Isabelle brille par
son intelligence. Marie-Josée est d’une gentillesse à toute épreuve, une femme
de caractère tout en étant une amie sur qui compter.
Cette histoire dénonce la
pratique des nobles et surtout leur esprit étroit concernant la beauté et
l’objectif d’une femme dans la vie. Dans cette époque qui se veut moderne, les
individus conservent un esprit étroit empêchant toute liberté.
L’histoire est bien écrite.
On est plongé dans l’histoire, soucieux du futur de Maude. Le récit tient un
bon rythme. Dommage qu’il soit un peu trop court, j’aurais voulu plus de
détails !
Pour finir, j’ai bien aimé
lire la nouvelle de Zola qui est un auteur classique dont j’aime bien le style.
Certes, les styles des deux
auteurs sont totalement différents (E. Ross se place dans un point de vue
interne alors qu’E. Zola décrit un fait qu’on lui a raconté) mais ils apportent
des points de vue différents et complémentaires. Pari gagné pour l’auteur.





